50. Jahrgang Nr. 7 / Juli 2020
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Annexe: „Avoir Dieu en nous“
 
Annexe:
„Avoir Dieu en nous“ – nous percevons Dieu dans l´amour

de St. Bernard de Clairvaux (* c. 1090, + 20 août 1153)
(Extrait de: „Sermones sancti Bernardi abbati clarevallensis super Cantica canticorum“, Strasbourg,
auprès de Flach, 1497)

Si l´une âme perçoit un tel fossé entre les choses (la ressemblance parfaite de l´image et l´inégalité du péché), ne doit-elle pas, prise entre l´espoir et le désespoir, s´écrier: „Seigneur, qui est comme vous?“ Elle est poussée au désespoir à cause du grand mal (l´inégalité); mais elle est rappelée à l´espoir par le si grand bien (la perpétuation de l´image en elle). Plus elle se déteste donc du mal qu´elle voit en elle-même, plus elle s´efforce ardemment de parvenir au bien qu´elle voit aussi en elle-même, et exige de devenir ce pourquoi elle a été créée (non seulement une image mais aussi une ressemblance): simple (en éliminant le désir) et droit (en excluant la peur), craignant Dieu (ne craignant pas la punition) et se détournant du mal, car pourquoi ne pourrait-elle pas s´en détourner, elle pouvait se tourner vers lui! Pourquoi ne pourrait-elle pas se tourner vers celui dont elle pouvait se détouner? Mais elle ose faire les deux, remarquez bien, par grâce, pas par nature, pas même par effort. Car la sagesse vainc le mal (Sap. 7, 30), et non pas l´effort ou la nature propre. L´occasion d´oser ne manque pas non plus: leur conversion est vers le Verbe (mais le Verbe est la sagesse).

Mais la noble parenté de l´âme – dont nous parlons depuis trois jours maintenant – (la parenté existe parce que le Verbe est l´imago, l´image, mais l´âme est créée d´après l´image) et le témoin de la parenté, la similitude durable (l´image), n´est pas oisive dans le Verbe. Gracieusement, l´Esprit (introduit par le Verbe) permet à l´âme qui lui ressemble de rejoindre sa communauté. Parce que par nature l´égal s´efforce de parvenir à l´égal. Voix du chercheur: Reviens, Sunamitis, reviens pour que nous puissions te voir (Cant. Cant. 6,12). Il regardera la semblable, celui qui n´a pas vu la dissemblable; mais il se laissera aussi regarder. Nous savons que lorsqu´il se montrera un jour (dans la vision bénie), nous serons comme lui, parce que nous le verrons tel qu´il est (1 Jn. 3, 2). Ce n´est donc que de la difficulté, et non de l´impossibilité, que se pose la question angoissante: Seigneur, qui est comme vous? (Ps. 34, 10)

Mais si tu préfères, appelle cela une exclamation d´étonnement. Oui, vraiment admirable et étonnante est cette ressemblance dont le compagnon est la vision de Dieu, oui, même la vision de Dieu lui-même, à savoir la vision dans l´amour! L´amour est cette vision, est cette ressemblance (il restaure la ressemblance, et cela conduit à la vision). Qui ne serait pas surpris par un tel amour de la part d´un Dieu qui est méprisé et qui pourtant nous appelle à nouveau? Il est donc juste de réprimander l´homme mauvais mentionné ci-dessus qui se prétend à l´image de Dieu (en voulant être loi pour lui-même, ce qui est l´apanage de Dieu); car comme il aime le mal (sa propre volonté) il ne peut pas s´aimer lui-même ( il n´est plus lui-même depuis qu´il a perdu son image), ni aimer Dieu (puisqu´il se préfère à Dieu). Car c´est ainsi que vous devez cemprendre le mot: celui qui aime l´injustice déteste son âme (Ps. 10, 6). Par conséquent, une fois que l´injustice, la cause de l´inégalité partielle, a été corrigée, alors l´unité de l´esprit est établie (car la ressemblance de deux esprits crée l´unité); alors la vision mutuelle est accomplie (car chacun peut reconnaître l´autre en se reconnaissant lui-même); alors l´amour mutuel prévaut (car le selblable aime son semblable).

Lorsque le parfait (l´amour) s´installera ainsi, l´imparfait (l´inégalité) sera éliminé. Seul un amour mutuel chaste et parfait régnera en nous, une reconnaissance mutuelle totale, une vision non déguisée, un lien durable, une communion sans partage, une image parfaite. Alors l´âme saura comment elle est connue (1 Cor. 13, 10-12); alors elle aimera comme elle est aimée; et l´Epoux réjouit de son Epouse; reconnaissant et reconnu, aimant et aimé. Jésus-Christ, notre Seigneur, Dieu, loué par dessus tout pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.“ (Dans Cant. Cant., p. 82, 7 et 8).

Pour aujourdhui, St. Bernard nous dit: „Les églises manquent leurs congrégations de croyants; les fidèles manquent de prêtres et les prêtres manquent de tout honneur. Il ne reste plus que quelques chrétiens sans le Christ.“

Commentaire:
St. Bernard est, avec Guillaume de Saint-Thierry et Hugo de Saint Victor, l´un des grands mystiques du Moyen-Age. Dans leur théologie, ils ont acquis des mérites particuliers dans le domaine de l´importance de l´amour dans le processuus de la connaissance théologique. Comme ces réflexions sur l´amour et sa signification épistémologique pour notre problème, à savoir s´interroger sur les conditions de la connaissance du Christ en tant que Fils de Dieu, peuvent contribuer à la clarification, je mentionne cette réflexion ici. Ces recherches théologiques sont également décisives pour l´expression du mysticisme de Bernard, qui a influencé de manière décisive l´ordre dans sa spiritualité.

L´un de ceux qui ont acquis des mérites particuliers concernant la signification de ce mysticisme est Stefan Gilson („Die Mystik des heiligen Bernhard von Clairvaux“, Wittlich 1936 – dans la traduction de Philotheus Böhner O.F.M.). Il résume l´approche mystique de Bernard comme suit:

Si on voulait vraiment comprendre sa doctrine, comme elle est vraiment on devrait pouvoir comprendre d´un simple coup d´oeil l´oeuvre d´un Dieu que crée l´homme pour l´unir à lui comme son image par la béatitude, qui rend à l´homme son image perdue pour lui rendre sa béatitude perdue, et tant que son oeuvre n´est pas encore terminée, élève ces âmes par grâce à une béatitude semblable que le don de l´amour a déjà rendu si semblables à sa nature – Deus caritas est – qu´ils jouissent déjà ici-bas de sa vie heureuse.

Il existe alors entre Dieu et la créature créée à son image cette conformité parfaite, cette unité de l´esprit, dans laquelle la substance humaine trouve enfin son plein développement de vie. En elle s´achève la grande oeuvre de la création, car elle est comme ce pourquoi elle a été faite: un miroir brillant dans lequel Dieu ne voit plus que lui-même et l´âme ne voit plus que Dieu, une participation créée à sa gloire et à sa béatitude.

(EINSICHT de déc. 2014, no. 4, p. 108-110)
 
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